Installation d’assainissement autonome pour maison individuelle
en application du DTU 64.1 (norme XP P 16-603)
L’assainissement autonome désigne les dispositifs de traitement et d’élimination des eaux usées domestiques qui ne peuvent être évacuées par un système d’assainissement public. Le traitement s’effectue alors sur la parcelle de l’habitation sans transport des eaux usées.
Une filière d'assainissement comprend généralement :
- des canalisations pour collecter les eaux usées provenant des équipements sanitaires de l'habitation ;
- une fosse septique toutes eaux qui reçoit l'ensemble des eaux usées de l'habitation (eaux vannes et eaux ménagères) et assure le prétraitement ;
- un épandage souterrain qui réalise l’épuration des effluents prétraités lors de leur passage dans la fosse septique.
Observation
Si les caractéristiques du site ne permettent pas l'installation d'un épandage souterrain, on fait appel à des dispositifs de substitution (exemple : filtre à sable) avant évacuation.
- un dispositif d’évacuation des effluents par infiltration dans le sous-sol. Exceptionnellement,
les effluents épurés peuvent être rejetés vers le milieu hydraulique superficiel (fossé, cours d'eau, retenues, mer, etc.) ou évacués par l'intermédiaire de puits d'infiltration (autorisé par dérogation préfectorale). L’option choisie résulte toujours des possibilités hydrogéologiques du terrain.
• Eaux usées = eaux ménagères + eaux vannes
• Eaux ménagères = eaux de cuisines (évier + lave-vaisselle) + eaux grises (baignoire + lavabos + lave-linge)
• Eaux vannes = eaux des WC
Attention ! Les eaux pluviales ne doivent jamais être dirigées vers la filière d'assainissement.
Observation
Autrefois, seules les eaux vannes étaient traitées par l’intermédiaire des fosses septiques. Depuis la réglementation de 1982 et le développement des fosses " toutes eaux ", les eaux ménagères sont aussi traitées avant leur rejet dans le milieu naturel.
L’assainissement autonome exige une surface minimale de terrain perméable et des distances à respecter vis-à-vis de la maison, des voisins, des arbres, etc. L’épandage est implanté hors des zones de circulation et de stationnement de tout véhicule (engin agricole, camion, voiture, etc.), hors cultures, plantations et zones de stockage de charges lourdes.
Implantation de l’installation
Distances :
• Moins de 10 m entre maison et fosse (distance conseillée).
• Implantation du dispositif de traitement à une distance minimale de 35m par rapport à un puits ou tout captage d'eau potable et d'environ 5m par rapport à l'habitation.
• Dispositif de traitement à plus de 3m de toute clôture de voisinage et de tout arbre. Ces distances peuvent être augmentées en cas de terrain en pente.
Observation
La surface du dispositif de traitement doit être perméable à l'air et à l'eau. Cela exclut tout revêtement bitumé ou bétonné. La fosse, située à l'écart du passage de charges roulantes ou statiques, devra rester accessible pour l'entretien. Les tampons de visite des équipements sont situés au niveau du sol pour permettre leur accès.
• Le terrassement est interdit lorsque le sol est détrempé. Les fouilles ne doivent pas rester à ciel ouvert par temps de pluie et seront remblayées au plus tôt.
• Pour les systèmes d’infiltration, l’exécution des travaux ne doit pas entraîner le compactage des terrains réservés à l’infiltration. Les engins de terrassement devront exécuter les fouilles en une seule passe afin d’éviter tout compactage. Les parois et le fond des fouilles seront scarifiés au râteau sur environ 2 cm de profondeur.
Tampons et dispositifs de fermeture
• Les tampons et dispositifs de fermeture sont apparents et affleurent le
niveau du sol, sans permettre le passage des eaux de ruissellement.
Regards
• Utiliser des raccords souples (joint élastomère, etc.).
• Regard de répartition posé horizontalement sur la couche de sable (tranchées et lits d'épandage à faible profondeur).
• Regard posé horizontalement et stable sur la couche de gravier (filtres et tertre).
• Les cotes des tuyaux issus de la fosse septique et celles d'arrivée au regard doivent respecter, d’amont en aval, une pente de 5 ‰ à 10 ‰.
• Les regards de bouclage ou les "tés" des systèmes d’infiltration, en extrémité d'épandage, sont posés horizontalement sur le gravier répartiteur.
Tuyaux
• Vérifier que les orifices des tuyaux d’épandage ne sont pas obstrués. • La coupe des tuyaux doit être nette, lisse et sans fissuration de la partie utile.
• Les tuyaux de raccordement sont non perforés pour assurer une stabilité maximale des regards.
• Pour permettre une égale répartition des effluents et l'introduction d'un flexible de curage, chaque tuyau non perforé partant du regard de répartition est raccordé à un seul tuyau d'épandage.
• Le bouclage, en extrémité de la tranchée, est réalisé à l'aide de tuyaux non perforés raccordés aux tuyaux d'épandage par des regards de bouclage ou des "tés", posés directement sur le lit de gravier (jonction horizontale et stable).
• Les jonctions entre canalisations, hormis dans la zone d’épandage, et les jonctions regard/tuyau doivent être réalisées à l’aide de manchons, d’équerres ou de coudes adaptés afin d’éviter les fuites.
Géotextile
• Tuyaux et gravier sont recouverts d’un géotextile, de façon à les isoler de la terre végétale qui comblera la fouille. La feuille débordera de 10 cm, de chaque côté des parois de la fouille.
• Pour assurer la couverture sur l’ensemble de la surface, plusieurs feuilles peuvent être utilisées bout à bout, en prévoyant un recouvrement d’au moins 20 cm.